Julie allaite… Info/Intox sur l’allaitement

Hello les boobzfriends !

Après vous avoir délivré les 16 commandements pour bien débuter son allaitement, je m’attaque à ce qui fait le plus de tort à cet acte pourtant physiologique et définissant l’être humain comme mammifères. L’allaitement a une mauvaise réputation pour bien des raisons mais la plupart sont erronées.

Ces idées reçues et autres lieux communs que l’on se transmet depuis deux générations découragent certaines femmes d’allaiter leur bébé et c’est bien dommage !

Alors, info ou intox ? A vous de deviner si les affirmations suivantes sont de vraies informations sur l’allaitement que vous pourrez à votre tour transmettre ou si elles sont complètement fausses et qu’il faut les oublier.

Allaiter c’est bien, mais ça fait mal. INTOX

Sûrement pas ! Les bouts de sein peuvent être sensibles au tout début si c’est votre premier allaitement mais en aucun cas des tétées douloureuses ne sont la norme. Si ça fait mal, c’est qu’il y a quelque chose à corriger, qu’il s’agisse d’une mauvaise position, de freins restrictifs ou d’une candidose.

Le lait maternel est « vivant ». INFO

Et là vous vous dites «le lait maternel est vivant ? Elle est cinglée la Julie ». Et bien si. Il est vivant au sens où il est en perpétuelle évolution.

Saviez-vous par exemple que le lait maternel aura une composition légèrement différente selon que le bébé qui tète est une fille ou un garçon ? Ou que cette même composition évolue entre le début et la fin de la tétée, selon l’heure de la journée, selon l’âge du bébé et surtout selon ses besoins au moment de la tétée ? Ainsi le lait maternel est toujours l’aliment et la boisson idéale pour nos chérubins à tout instant et quel que soit le contexte.

Allaiter c’est bien, mais ça abîme la poitrine ! INTOX

Je vous l’ai déjà expliqué dans un précédent article, ce qui modifie la taille, la forme et l’élasticité du sein (qui « l’abîme » selon certains), c’est la grossesse. Que vous ayez fait le choix d’allaiter ou non, votre corps s’en fout complètement, il est fait pour allaiter ce petit être que vous fabriquez alors il s’y prépare dès le quatrième mois de grossesse. Chez la nulligeste (une femme n’ayant jamais été enceinte), la glande mammaire est « bloquée » à un stade de développement assez primaire, comme depuis l’adolescence. Avec le petit cocktail hormonal sympathique dont on est arrosée copieusement pendant la grossesse, cette glande mammaire reprend son développement pour l’achever et devenir ce qu’on attend d’elle, soit une glande prête à sécréter du lait. Et il n’y a pas de retour en arrière possible, même si vous ne faites pas le choix d’allaiter.

Le lait maternel est un médicament. INFO

Non seulement le lait maternel contient tous les éléments nutritionnels indispensables pour assurer une bonne croissance à votre bébé, mais il contient également des anticorps qui vont l’aider à se défendre contre les premiers virus et bactéries qu’il va rencontrer en attendant que son système immunitaire puisse le faire sans votre aide. De plus, le lait maternel peut faire l’objet d’une prescription : en unité de néonatalogie, même les bébés prématurés de mamans n’ayant pas fait le choix d’allaiter reçoivent du lait maternel pour éviter bon nombre de complications et de pathologies digestives, infectieuses… C’est à ça que sert le don de lait au lactarium.

Allaiter c’est bien, mais c’est fatigant ! INTOX

Avoir
un enfant c’est fatigant, passer des nuits en pointillés c’est fatigant,
allaiter n’est pas plus fatigant que donner un biberon. Au contraire
même !

Et oui, l’hormone qui permet l’éjection du lait lors de la tétée, j’ai nommé l’ocytocine, est aussi appelée l’hormone du bonheur. Elle est relaxante, permet de fortifier le lien d’attachement, favorise l’endormissement et entraîne un sommeil plus réparateur pour bébé mais aussi et surtout pour Maman.

Tout le monde ne peut pas allaiter. INFO

Effectivement, il existe bel et bien de rares contre-indications à la conduite d’un allaitement maternel. Parmi celles-ci, certaines maladies infectieuses graves et transmissibles par le lait maternel comme une tuberculose active ou une infection à VIH contre-indiquent l’allaitement. D’autres pathologies peuvent également rendre l’allaitement impossible, comme la galactosémie congénitale (le bébé étant allergique au lactose contenu dans le lait de sa mère) ou encore l’hypoplasie mammaire (développement anormalement petit de la glande mammaire). En l’absence de ces pathologies particulières, open boobz !

Allaiter c’est bien, mais le biberon ça va plus vite. INTOX

Pour
nourrir un enfant allaité, il faut : sortir ou découvrir son sein, mettre
le bébé à proximité du dit sein et attendre qu’il ouvre la bouche pour téter.
Pas besoin de nettoyer le sein, de connaître ses tables de multiplication ou
d’avoir une valise en guise de sac à langer.

Pour
nourrir un enfant au biberon, il faut : avoir préalablement nettoyé (voire
stérilisé à une certaine époque) le biberon, mesurer la bonne quantité d’eau,
plus ou moins réchauffer cette eau, connaître sa table de 3 par cœur pour
savoir quelle quantité de PCN (Préparation Commerciale pour Nourrissons) il
faut ajouter à l’eau ainsi tiédie, mesurer des cuillères rases de PCN et les
diluer dans le biberon sans en mettre partout puis homogénéiser la préparation
ainsi obtenue. Il faudra donc non seulement prévoir tout le matériel nécessaire
à ces différentes étapes et le transporter (un biberon et sa tétine, de l’eau,
une boîte de PCN et sa mesurette, un chauffe-biberons…) mais aussi attendre
pendant que l’eau chauffe et effectuer ces différentes tâches tout en faisant
patienter votre bébé qui vous aura manifesté sa faim et son besoin de se
nourrir.

Conclusion : moins de perte de temps, moins de tâches fastidieuses, moins de matériel nécessaire et plus de temps passé avec votre bébé avec l’allaitement plutôt que le biberon. J’allaite ma fille en partie parce que je suis une flemmarde invétérée et que le biberon demandait beaucoup trop de logistique.

Moins on a de poitrine, moins on a de lait. INTOX

Ce n’est pas la taille qui compte ! Le volume de la poitrine est principalement déterminé par la quantité de tissu adipeux (oui oui, la graisse quoi), pas par le volume de glande mammaire. Une femme qui a une petite poitrine mais une proportion de glande élevée par rapport au tissu adipeux aura une lactation similaire à une femme qui aura une plus grosse poitrine mais une proportion plus faible de glande. Et ça on ne peut pas le savoir avant de commencer à allaiter, alors partez du principe que vous avez la poitrine idéale pour nourrir VOTRE bébé.

On peut cuisiner le lait maternel pour en faire de bons petits plats pour bébé. INFO

Bien sûr !!! De la semoule ou du riz au lait, des petits flans aux fruits ou aux légumes et même des yaourts ou des fromages blancs. La seule chose à ne pas faire c’est de faire bouillir votre lait qui perd alors bon nombre de ses propriétés.

Vous pouvez trouver toutes ces recettes sur internet ou en inventer vous-même.

Le lait maternel et les Préparations Commerciales pour Nourrissons (PCN) ont une composition similaire. INTOX

Ce
que certains appellent du « lait maternisé » ou « du lait en
poudre » n’a en fait rien à voir avec du lait et c’est pour ça que
l’appellation exacte et légale est préparation commerciale pour nourrissons.
Ces PCN sont constituées de protéines (issues du lait de vache), de minéraux,
de vitamines, de graisses et de différents sucres. Les quantités de chaque
élément suivent les recommandations françaises et mondiales quant à la
nutrition des nourrissons et tentent d’imiter la composition du lait maternel
au maximum.

Je dis « tentent » car bien évidemment c’est impossible. On l’a déjà vu, le lait maternel est vivant et en changement constant pour s’adapter au plus près aux besoins de bébé à l’instant T. C’est impossible pour les PCN d’être aussi adaptables et flexibles. Et c’est pour ça que le lait maternel est et restera le meilleur aliment pour bébé.

Les enfants allaités « font leurs nuits » plus tard que les enfants nourris au biberon. INTOX

Ah la grande
question du sommeil, le « nerf de la guerre »… Mais en fait la
question qu’on se pose (ou qu’on nous pose en général), c’est quand bébé va
faire NOS nuits, pas les siennes ! Certes nous avons besoin de sommeil et
les nuits hachurées sont difficiles, mais le sommeil est un apprentissage au
même titre que la marche ou le langage. Biberon ou sein, ce n’est pas le mode
d’alimentation qui détermine cette aptitude pour un nouvel apprentissage mais
la maturation du cerveau du tout petit. Alors si bébé est allaité, ce n’est pas
de lui donner des biberons qui le fera dormir 12 heures d’affilée.

On peut utiliser le lait maternel pour faire du savon. INFO

On a déjà vu que le lait maternel est extrêmement polyvalent et très adaptable aux besoins de bébé. Mais il y a également d’autres usages moins « conventionnels » au lait maternel qui peut servir à fabriquer du savon pour bébé ou pour vous, à adoucir l’eau du bain quand elle est trop calcaire, à soigner les petits bobos grâce à ses vertus antiseptiques et cicatrisantes… Un véritable couteau suisse le lait maternel !

Au-delà d’un certain âge, le lait n’est plus assez nourrissant. INTOX

Je me répète, mais le lait maternel s’adapte à tous les besoins de bébé. Donc quand bébé devient bambin, là encore le lait maternel s’adapte et sa composition change pour être au plus près de ses besoins.

L’allaitement est recommandé par les autorités sanitaires. INFO

Au vu de tous les bienfaits du lait maternel, qu’ils soient directs sur la santé de bébé et/ou de maman, ou indirects (aspects économique et écologique), l’Organisation Mondiale de la Santé le préconise. Dans les textes, l’OMS conseille un allaitement exclusif pendant les six premiers mois et la poursuite de l’allaitement jusqu’à au moins deux ans en complément d’une alimentation diversifiée.

Alors si même l’OMS le dit, allez-y, dégainez vos boobz et votre super lait les mamounettes !

J’espère vous avoir éclairés et vous avoir aidés à distinguer le vrai du faux dans l’océan d’informations et de conseils qu’on peut trouver sur l’allaitement. Je suis curieuse, combien de bonnes réponses aviez-vous ?

A très bientôt et bonnes tétées à tous

Julie (@mamanchouke)