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La néophobie alimentaire : la phobie des parents ! Par le Dr Laurence Plumey

Chers parents,

Tout allait bien jusque là. Votre bébé vous récompensait d’un beau sourire et terminait tous ces petits plats mijotés avec amour jusqu’au jour où catastrophe, plus rien ne va. Le voilà qui refuse toute nouveauté et qui s’enferme dans une routine alimentaire qui vous désole. Il aimait les légumes ? Il ne les aime plus. Il mangeait du poisson ? Il n’en veux plus. Il est entré en phase de néophobie alimentaire et votre cauchemar commence. Elle débute en général vers l’âge de 2 ans et peut durer 6 mois comme 2 ans ; son évolution est imprévisible.

En fait, à cet âge, l’enfant a besoin de se sentir en sécurité et la familiarité des visages comme celle des aliments le rassure ; tout ce qui est « inconnu » lui fait peur et il le rejette. Il va donc manifester une sorte de méfiance envers les aliments qui ne font pas partie de son répertoire d’aliments familiers. C’est ainsi qu’il examine attentivement le contenu de son assiette, observe et fait le tri, ce qui a le don de vous agacer prodigieusement.

Pas d’inquiétude. Sachez que ce comportement est tout à fait normal. Il s’intègre dans la période d’opposition qui commence vers l’âge de 2-3 ans et fait partie de son évolution comportementale.

Comment réagir et passer ce cap difficile ?

Il est important de ne pas contrarier l’enfant ; il faut plutôt essayer de contourner ce comportement par plusieurs techniques :

  • La répétition : la présentation répétée de l’aliment finira par le rendre familier et donc acceptable. C’est donc une erreur de plus présenter un aliment après deux ou trois refus. Il faut s’accrocher et mettre toutes les chances de son côté en le présentant joliment et en présence d’un aliment qu’il connaît déjà et apprécie.
  • L’effet d’imitation : l’enfant apprend beaucoup au contact de ses parents et du comportement de ses frères, sœurs et amis. Il s’imprègne peu à peu des habitudes de la famille et de la culture dans laquelle il baigne. Ceci va nécessairement l’influencer progressivement dans ses choix.

Une certitude : ne vous acharnez pas à lui faire manger des légumes en le récompensant de desserts sucrés pour le féliciter. Vous ne feriez que l’en dégoûter davantage. Bien sûr, vous aimeriez que votre enfant apprécie tout ce que vous cuisinez, mais surtout armez vous de patience et laissez faire le temps ; pas de conflits à table. Et soyez sûr(e) d’une chose : un enfant mange toujours à sa faim, quand il est en bonne santé.

Dr Laurence PLUMEY

Médecin Nutritionniste. Hôpitaux de Paris IDF

Professeur de Nutrition

Auteur de nombreux ouvrages grand public

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