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Spécial lait maternel ! Par le Dr Laurence Plumey

Chers Parents,

A toutes les mamans qui allaitent, sachez que vous donnez le meilleur à votre enfant. Et à toutes celles qui ne peuvent pas allaiter, ne vous culpabilisez pas ; tout ira bien pour bébé aussi.

Le lait maternel lui apporte tous les éléments nutritionnels dont il a besoin, mais également de quoi augmenter ses défenses immunitaires et développer son microbiote intestinal. Voyons ce qu’il a de merveilleux et de parfaitement adapté aux besoins du nourrisson :

Des protéines pour bien grandir et se défendre

Le lait maternel en contient environ 1g/100ml soit un apport de 8 à 10g par jour pour un allaitement de 800 ml à 1 litre de lait par jour. C’est exactement la quantité de protéines nécessaire à un bébé qui prend entre 10 et 30g de poids par jour la première année.

De plus, ces protéines sont sous une forme moléculaire très digeste. Elles n’ont pas seulement des vertus nutritionnelles ; certaines d’entre elles stimulent les défenses immunitaires et contribuent à l’équilibre du microbiote (le cas du lysozyme), d’autres augmentent l’absorption intestinale du peu de fer qu’il y a dans le lait maternel (la lactoferrine), d’autres sont des anticorps (les IgA sécrétoires), d’autres sont des lymphocytes (globules blancs qui assurent nos défenses) à hauteur de 60 millions par jour !

Si l’on comparait le lait maternel au lait de vache, on verrait que dans le lait de vache il y a davantage de protéines que dans le lait maternel car le veau double son poids en 47 jours alors que le bébé double son poids en 6 mois. Le taux de protéines du lait d’une espèce est en effet corrélé à la vitesse de croissance du nouveau né. Imaginez la quantité de protéines qu’il y a dans le lait de la rate : 120g/l ! Normal quand on sait que le petit raton double son poids en … 6 jours ! En conclusion, dans le lait de la mère il y a la juste dose de protéines parfaites et multiples, adaptées à sa vitesse de croissance.

Des graisses (lipides), pour l’énergie et le développement sensoriel

La teneur en lipides du lait maternel est variable selon l’heure de la tétée et même d’une journée à l’autre ; elle est en effet maximale dans la journée (vs la nuit) et lors de la tétée : le lait très liquide au début, s’épaissit rapidement  au fil de la tétée et devient plus gras. Le bébé se rassasie alors plus vite.

La nature de ces graisses est peu dépendante de ce que la mère mange, à une exception près : les Oméga 3. Plus la mère en mange, plus il y en aura dans son lait. Or, ces Oméga 3 jouent un rôle crucial pour le développement du cerveau et de la fonction rétinienne du bébé. Ils sont tellement importants que les laits infantiles pour prématurés ont été les premiers à s’en enrichir, suivis ensuite des laits infantiles 1er âge. Vous verrez que sur les boîtes de laits pour nourrissons, figure systématiquement la mention du DHA (c’est un dérivé Oméga 3).

Quant au lait maternel, sa teneur en Oméga 3 dépend de la nourriture de la mère en l’occurrence de sa consommation de poissons gras (sardines, maquereaux, saumon, harengs). Ainsi le lait des femmes africaines en contient très peu – celui des femmes chinoises de la Chine Maritime, beaucoup – et nous en France, nous sommes au milieu. Ce n’est pas catastrophique, mais peut mieux faire. Je vous encourage donc à manger régulièrement (1 à 2 fois par semaine, au minimum) du poisson gras et/ou des huiles de colza, noix, lin (une cuillère à soupe par jour, en assaisonnement).

Du lactose, pour un cerveau qui se développe bien

Le lait de la mère est, de toutes les espèces vivant sur Terre, celui qui en contient le plus car le cerveau humain est aussi celui qui se développe le plus (adulte, il pèse environ 1,3 kilo). Or, la teneur en lactose du lait est corrélée à la taille du cerveau et au développement des fonctions cognitives (réflexion, concentration, mémorisation …). Le lait maternel en contient près de 70g/l alors que dans le lait de vache il y en  a moins de 50g. Le lactose du lait est en effet corrélé à la taille du cerveau !

Dans l’intestin grêle du bébé, le lactose du lait est transformé en glucose et en galactose, grâce à une enzyme, la lactase, 100% efficace qui se trouve dans les cellules de la muqueuse interne de l ‘intestin grêle. La nature est bien faite. Le nourrisson est équipé de l’enzyme qui va permettre la bonne utilisation du lactose nécessaire au développement des neurones de son cerveau !

Du calcium, du fer, de l’Iode … et 13 vitamines

Dans le lait maternel, tout est là en quantité suffisantes et très bien absorbées pour combler tous les besoins nutritionnels du nourrisson. A noter que si la mère ne mange pas bien et ne reçoit pas tous ces éléments via son alimentation, le lait en sera quand même bien pourvu. En revanche, le corps va puiser dans ses réserves pour fournir un lait de qualité. Donc, ce sera la mère qui s’épuisera et qui se carencera mais le bébé aura son comptant de calories, de nutriments, minéraux, oligoéléments et vitamines ! Il est ainsi protégé de la malnutrition tant qu’il est au sein de sa mère ; c’est pourquoi dans les pays où règne la famine les mères essaient d’allaiter le plus longtemps possible.

Seules exceptions : la vitamine K et la vitamine D. Elles peuvent être en quantités insuffisantes dans le lait maternel et c’est pourquoi il est nécessaire de donner de la vitamine K au nourrisson le premier mois – et de la vitamine D régulièrement.

Et le colostrum, c’est quoi ?

C’est le premier lait secrété par les glandes mammaires de la naissance jusqu’au 5ème – 6ème jour. C’est un véritable concentré nutritionnel, épais, très riche en protéines (42g/litre vs 10g/litre dans le lait qui suivra), et surtout riche en anticorps ! Très épais, il ne permet pas toujours d’étancher la soif du bébé. Dans ce cas, donner un biberon d’eau en plus des tétées de colostrum. C’est une chance pour le bébé qu’il faut essayer de ne pas rater

Maintenant que l’allaitement a débuté, combien de temps le poursuivre ?

Cela dépend de la mère et du bébé. Si la mère doit reprendre son travail, c’est souvent la date de reprise qui est déterminante. Ceci dit, on peut très bien poursuivre un allaitement mixte avec allaitement le matin et le soir et biberons de laits infantiles dans la journée … tout est possible. Quant à la durée maximale, au delà d’un an il s’agit plus d’un geste réconfortant et tendre que réellement nourricier car de toutes façons la diversification alimentaire aura débuté vers l’âge de 5 mois.

Je vous souhaite de bons moments de complicité avec votre enfant !

Dr Laurence PLUMEY

Médecin Nutritionniste. Hôpitaux de Paris IDF

Professeur de Nutrition

Auteur de nombreux ouvrages grand public

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